Cancer et VIH - Sida

 

Les données épidémiologiques françaises et internationales confirment l’augmentation de l’incidence de cancer chez les personnes vivant avec le VIH (PVVIH) constatée depuis la fin des années 1990.

Cette incidence varie cependant selon le type de cancer, les cancers les plus fréquemment observés étant les Lymphomes non hodgkinien et hodgkinien, le cancer du canal anal, du poumon, et du foie, avec une recrudescence ces dernières  années de cas de maladie de Kaposi.

Plusieurs études confirment cependant que le vieillissement de la population VIH s’accompagne d’une modification de la répartition des différents types de cancers avec une prévalence plus faible des cancers en lien avec un virus (ou Helicobacter pylori) chez les PVVIH âgés de 50 ans et plus. L’augmentation du risque de cancer dans cette population fait intervenir la réplication du VIH, l’immunodépression (nombre et nadir de CD4), l’exposition à des virus oncogènes (HPV, VHB, VHC, EBV, HHV8) et la forte consommation de toxiques (alcool, tabac voire cannabis).

Prévention - Surveillance


Les axes forts de la prévention contre le cancer chez les PVVIH :
 

> un traitement précoce de l’infection par le VIH,
> un contrôle efficace de la réplication virale,
> une restauration de l’immunité au-dessus de 500 CD4/mm3,
> une prévention des infections à virus oncogènes voire un traitement/ surveillance spécifique (VHC, VHB et HPV) 
> un sevrage/réduction de la consommation de toxiques oncogènes

 
Le calendrier de dépistage des cancers établi pour la population générale a de ce fait été adapté. Mais comme en population générale, les PVVIH traités antérieurement par radiothérapie, chimiothérapie et/ou transplantés doivent bénéficier d’une surveillance spécifique


Spécificités de la prise en charge


Si le diagnostic d’une affection maligne est bien souvent réalisé par l’équipe en charge de l’infection par le VIH, le traitement est quant à lui assuré par les équipes de cancérologie.
Or les spécificités liées à l’infection par le VIH sont nombreuses :
> immunodépression
(passée ou actuelle),
comorbidités (hépatites virales chroniques B et C, troubles métaboliques, insuffisance rénale, pathologies cardiovasculaires),
> risques d’interactions médicamenteuses et de toxicité additive avec les molécules antirétrovirales.
 
Inversement, les modalités de surveillance et d’accompagnement d’un patient sous traitement à visée carcinologique sont souvent mal connues par les équipes médicales en charge du suivi de l’infection par le VIH.
 
L’affection maligne peut aussi être révélatrice de l’infection par le VIH soulignant la nécessité d’un dépistage de l’infection par le VIH lors du bilan initial de tout cancer.
Dans cette phase parfois aiguë de la maladie carcinologique, le cancérologue doit être à même de réaliser le bilan initial de séropositivité.


Recommandations nationales


Le CNS et l’ANRS proposent des Recommandations nationales d'un groupe d'expert, actualisées en 2017 sous la responsabilité du Pr Philippe Morlat.

> Consulter les recommandations nationales pour la prise en charge des cancers chez les personnes vivant avec le VIH (CNS - ANRS)   

L'accent est mis sur :
 
> La nécessité d’une articulation étroite entre les équipes de cancérologie, les services référents pour la prise en charge de l’infection par le VIH et le médecin traitant au travers d’un parcours de soin individualisé 


La RCP de recours Cancer SIDA - mise en place en 2010 en région PACA/Corse et inscrite dans le réseau National CANCER VIH (créé en 2014) - permet cette articulation et optimise l’efficacité et la tolérance du traitement carcinologique en réunissant les médecins spécialistes de l’infection par le VIH, les pharmacologues et les virologues.
Les interactions médicamenteuses entre les traitements pour le cancer (chimiothérapie et traitements de confort) et le traitement antirétroviral pouvant réduire l’efficacité et/ou majorer la toxicité de l’une ou l’autre des molécules sont ainsi anticipées.

 
> Les règles de base à appliquer pour la prise en charge d’une PVVIH atteinte d’un cancer avec une « check-list » des actions à mettre en œuvre avant d’initier un traitement carcinologique ainsi que le parcours de soin pendant et après le traitement du cancer.

> Les modalités de prise en charge et de dépistage des cancers les plus fréquents à ce jour chez les PVVIH incluant un calendrier de prise en charge carcinologique et un calendrier de dépistage des cancers

> Les précautions nécessaires au recours à certaines thérapeutiques, dont certaines novatrices comme l’immunothérapie et les thérapies ciblées  et d’autres plus anciennes comme la BCGthérapie dans le traitement du cancer de la vessie.


> Consulter les Recommandations nationales pour la prise en charge des cancers chez les personnes vivant avec le VIH (CNS - ANRS)   
 
 

Dernière mise à jour le 16 mai 2018