La préservation de la fertilité chez les enfants et adolescents

Le cancer atteint chaque année 1700 enfants de moins de 15 ans, et 765 adolescents de plus de 15 ans, avec un taux de survie à long terme estimé à 78%. Il y a environ 60000 survivants des cancers de l'enfance en France. La préservation de la fertilité prend donc une importance toute particulière dans cette population.

A noter que chez l'enfant, le testicule pré-pubère n'est pas aussi bien protégé des traitements gonadotoxiques que ce qu'on pensait auparavant. 
En pédiatrie, l'information des parents et le recueil de leur consentement est obligatoire.
Les parents sont obligés de décider pour leur enfant dans l'urgence. On observe 2% de refus. Le rôle de l'équipe est de déculpabiliser les parents quel que soit leur choix.
 

Sexe masculin 

2 méthodes sont possibles afin de préserver la fertilité des garçons

Autoconservation de sperme

Possible dès que la spermatogenèse est présente (dès 12 ans).
Les garçons pubères au moment du diagnostic du cancer sont candidats à une autoconservation de sperme. Pourtant, la proportion d'adolescents qui conservent du sperme tend à s'améliorer, mais reste plus faible que chez l'adulte jeune. La plupart des adolescents qui ont un cancer ont un sperme de qualité suffisant pour assurer une préservation de fertilité.

Cependant, la masturbation peut poser problème à l'adolescent :
- Il va devoir la réaliser au laboratoire, parfois sans avoir d'expérience préalable; il peut alors s'agir d'une 1ère expérience sexuelle très mal vécue. Une étude récente a également suggéré qu'avoir un parent dans la salle d'attente peut inhiber l'adolescent. 
- Trouble de l'image de soi, dépréciation, culpabilité à se masturber, notion de l'interdit socio-culturel ou religieux
Ne pas initier la démarche s'il est opposant, mais programmer une consultation avec un praticien du CECOS.
 


Information et accompagnement sont indispensables. Il faut aider à dissocier virilité, sexualité et stérilité. Une stimulation par vibromasseur peut être une alternative précieuse à la masturbation. 

Une plaquette d'information de la Ligue Nationale contre le Cancer en coopération avec la Fédération des CECOS et l'association Jeune Solidarité Cancer est disponible (voir ci-contre)

Congélation de tissu testiculaire : avant la puberté

Elle est encore peu pratiquée chez l'enfant, en dehors de certains centres experts, dans le cadre de protocoles de recherche. Il s'agit de congeler la pulpe testiculaire (cellules souches spermatogoniales) dans l'espoir de pouvoir les transférer après guérison du cancer à l'âge adulte dans les testicules par une injection (auto-transplantation) ou réaliser une spermatogenèse in-vitro. Ces techniques sont encore expérimentales. La cryoconservation de tissu testiculaire est proposée au CECOS de Marseille depuis janvier 2017 dans certaines indications.


En savoir plus :


Sexe féminin

La seule technique possible avant la puberté est la conservation de tissu germinal (ovarien).

Cette technique est proposée en cas de traitement jugé hautement toxique pour les ovaires, comme les traitements myéloablatifs pré-greffe de moelle. La congélation de tissu ovarien nécessite une cœlioscopie en vue d'une ovariectomie totale ou partielle. Le cortex ovarien ainsi congelé permet de conserver en grande quantité des follicules de réserve renfermant des ovocytes immatures.

Après guérison de la maladie et en cas de projet parental, la greffe des fragments ovariens préalablement cryoconservés est la seule technique réalisable à ce jour (dans le cadre d'un protocole de recherche clinique), Plus de 80 naissances ont été rapportées à ce jour dans le monde. 
Cependant, il est nécessaire d'informer les parents et l'enfant en mesure de comprendre, du risque théorique, après guérison, de réintroduction de cellules cancéreuses lors de la greffe de tissu ovarien pour réaliser un projet parental même si aucune augmentation du taux de rechute n'a été décrite à l'issue d'une greffe de tissu ovarien. Ce risque purement théorique découle de l'observation de cellules cancéreuses dans du tissu ovarien dans certaines pathologies,  (Dolmans et al. Blood 2010, Meirow et al. 2008, Abir et al 2010). Dans ces cas là, seule la culture in vitro de fragments cryoconservés serait envisageable mais cette techique porteuse d'espoir chez les jeunes patientes est encore du domaine de la recherche fondamentale.  




Sources : Références bibliographiques

Dernière mise à jour le 11 avril 2017