Cancer et grossesse

Grossesse en cours de traitement anticancéreux, ou dans un délai de moins de 6 mois après son arrêt

Des échographies morphologiques de bonne qualité sont indispensables à la recherche d'éventuelles malformations. Un caryotype fœtal peut être proposé sur signe d'appel clinique ou échographique. Selon le résultat de ces examens, une éventuelle décision d'interruption thérapeutique de grossesse sera discutée, au cas par cas, avec le couple et le médecin traitant.

Grossesse après traitement anticancéreux

  • Y a-t-il un risque à concevoir une grossesse après un traitement anticancéreux ?

Grâce à l'amélioration des taux de survie et des progrès pour diminuer les effets stérilisants des traitements anticancéreux, les enfants et les adultes atteints de cancer sont de plus en plus nombreux à envisager une grossesse après leur traitement, et à l'obtenir. Cependant, tous les antimitotiques, ainsi que les radiations ionisantes, sont mutagènes chez l'animal et le plus souvent dans l'espèce humaine. Ils sont susceptibles, par ce biais, d'endommager le matériel génétique des cellules germinales au niveau génique et/ou chromosomique. Les conséquences cliniques d'une conception à partir d'une telle cellule sont difficiles à appréhender.
 

  • Quel délai conseiller entre le traitement et la conception ?

Aucune donnée fiable ne permet à l'heure actuelle de répondre précisément à cette question.

- Chez l'homme, on préférera éliminer les spermatides et les spermatozoïdes directement exposés, donc attendre au minimum un cycle de spermatogenèse complet (donc au moins trois mois) avant d'envisager une fécondation naturelle. Mais par principe de précaution, il est fortement recommandé de ne pas concevoir spontanément avant un minimum de six mois à un an après l’arrêt d’un traitement mutagène. Cette décision est corrélée au type de traitement et à la dose totale reçue. Dans ces délais, un avis médical s’impose avant tout projet parental.

- Chez la femme, la sensibilité chromosomique maximale de l'ovocyte s'observe certainement lors de la reprise de la méiose et mieux vaut attendre le cycle menstruel suivant pour que le follicule dominant n'ait pas été exposé. Si l'on veut, par prudence, éliminer les follicules exposés en phase de croissance, il faudra alors attendre un minimum de trois mois. Bien entendu, chez la femme, l'évolution de la maladie est un des facteurs les plus importants à prendre en compte avant d'envisager une grossesse.
 

  • Quelle surveillance proposer pour ces grossesses ?

Certainement une échographie morphologique de bonne qualité.
Les femmes qui ont reçu une radiothérapie abdominale se verront proposer une surveillance obstétricale adaptée (cf. Etat des connaissances). Aucun élément ne légitime à ce jour la réalisation systématique d'une amniocentèse. Celle-ci sera discutée au cas par cas, en fonction du contexte, des antécédents, de la nature plus ou moins mutagène des traitements reçus, voire du délai entre le traitement et la conception.
 

Sources : Références bibliographiques

Dernière mise à jour le 10 avril 2017