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Cancer et Fertilité

La préservation de la fertilité » Préservation de la fertilité masculine » Traitements gonadotoxiques

A l'état physiologique : la spermatogenèse 

Les cellules germinales et leurs cellules nourricières (cellules de Sertoli) sont situées dans les tubes séminifères du testicule. Les Cellules de Leydig à l'origine de la production de testostérone sont situées dans les espaces interstitiels. Il faut 74 jours pour aller du stade de spermatogonie souche à celui de spermatozoïde.

Traitements gonadotoxiques :

La chimiothérapie et la radiothérapie risquent d'entraîner une stérilité par effet létal sur les cellules germinales. Bien que certaines données statistiques soient disponibles sur les chances de retour de la spermatogenèse après traitement gonadotoxique, il est difficile de prédire le retour de la fertilité sur un plan individuel.

Remarque : en plus du risque de stérilité, ces traitements peuvent également être à l'origine de mutations génétiques à l'origine d'accidents de la reproduction, de fausses couches spontanées, de malformations ou de la transmission de maladies génétiques à la descendance. La possibilité d'autoconservation de sperme devrait donc être offerte avant le démarrage du traitement potentiellement stérilisant et/ou mutagène. 

Chimiothérapie :

D'une manière générale, l'impact des chimiothérapies sur la spermatogénèse est dose-dépendant, mais l'atteinte et la récupération sont variables d'un individu à l'autre. Les spermatogonies différenciées et les spermatocytes, qui se divisent activement sont très sensibles à l'action des antimitotiques. En revanche, les spermatides, les spermatozoïdes et surtout les spermatogonies souches sont bien plus résistants, si bien qu'après la fin du traitement, la spermatogenèse retrouve souvent son niveau antérieur. 

Les agents alkylants parmi lesquels le cyclophosphamide, le chlorambucil, le busulfan, ainsi que la procarbazine, la nitroso-urée, la moutarde azotée, et la moutarde l-phenylalanine sont les plus toxiques. Les chimiothérapies à base de platine altèrent également la spermatogenèse, en particulier à forte dose. Les traitements actuels semblent souvent moins délétères que ceux délivrés dans les années 90, mais l'évolution très rapide des protocoles thérapeutiques ne permet pas un recul suffisant pour évaluer les conséquences sur la fertilité des traitements les plus récents. Il est ainsi très difficile de donner une liste précise de ces traitements. Les centres clinico-biologiques d'AMP consultent régulièrement le CRAT :

Centre de Référence sur les Agents Tératogènes : réservé aux professionnels 

> Accès au CRAT : Informations concernant la toxicité des agents de chimiothérapie 

Remarque :
La chimiothérapie lèse électivement les cellules germinales et l'atteinte testiculaire est donc essentiellement exocrine : la testostéronémie reste généralement normale et d'éventuels troubles sexologiques sont rarement imputables à la chimiothérapie antimitotique.
> Consulter le référentiel AFSOS : Cancer - Vie et santé sexuelle

Radiothérapie :

La radiothérapie de la région pelvienne à proximité des testicules peut conduire à l'infertilité, qui peut être temporaire ou permanente (stérilité). Plus la cible de la radiothérapie est proche du testicule, plus le risque d'endommager les cellules germinales est grand. L'azoospermie peut survenir à partir d’1 gray délivré sur les testicules, et est définitive à 2 à 3 grays. 

Une radiothérapie délivrée sur la glande pituitaire située à la base du cerveau peut parfois affecter la fertilité. L'hypophyse intervient en effet dans la stimulation des testicules pour produire la testostérone. Mais il existe un traitement substitutif en cas d'insuffisance de production de la testotérone.

L'irradiation corporelle totale entraîne une stérilité.


 

Date de mise à jour : mai 2012
Sources : 
Références- bibliographie

Dernière mise à jour le 23/05/13
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